14 novembre 2007
Quand tu descendras du ciel...*
Pour lutter, par avance, contre les frimas qui s’annoncent, nous prenions, hier soir, l’apéritif avec une amie. Les enfants jouaient, calmement, à nos pieds, et la conversation portait sur le climat, le réchauffement, la fonte de la banquise et toutes sortes de joyeusetés de ce tonneau.
Tout à coup, nos oreilles, à peine embrumées par la dose de blanc ingurgitée, furent attirées par quelques reniflements difficilement contenus. En nous penchant sous la table, nous découvrons Puis-née (4ans-juste-et-demi) le visage baigné de larmes silencieuses qui nous explique :
-bin si la glace elle fond au pôle nord, le Père Noël il va plus avoir de maison…
...On a les motivations qu’on peut, pour sauver le monde
*« Petit papa Noël » Tino Rossi
12 novembre 2007
N'y pense plus, tu es de passage*
L. était fort marri la semaine dernière. Lui qui parcourt prés de 100 km chaque matin pour se rendre à son travail et la même distance, le soir, pour en rentrer harassé, se dit, depuis déjà quelques temps, qu’avec la hausse de prix du baril de brut, il va être urgent pour lui de travailler beaucoup plus pour arrêter de gagner de moins en moins.
Il faut avouer qu’à lui tout seul il lui est difficile de bloquer les approvisionnements de carburant pour protester du fait que, lui, le carburant il ne le paie pas 0,50€/l mais plus du double, et qu’il ne déduit pas cet investissement de ses recettes. Alors pourquoi aurait-il une substantielle baisse de 30% comme celle annoncée au Guilvinec par N. Sarkozy, ministre des transports, accompagné de N. Sarkozy, ministre des finances pour une visite éclair aux pêcheurs avant que le président N. Sarkozy n’aille se prosterner aux pieds de deubeuliou ?
* “On the road again” Bernard Lavilliers
10 novembre 2007
Y a du avoir des fuites*
C’est clair qu’il y a des fuites !
Depuis mon dernier post, ma boite mail est pleine ! Je passe sur les mails d’insulte, la réussite dans ce pays de pauvres est toujours mal vue. Mais les autres…
Je ne compte plus les propositions de joint-venture, abondement au capital même un fond LBO qui veut déjà prendre la majorité sous condition que je lui assure plus de 30 points de croissance annuelle. La paix, vautours !
Mais qu’est-ce qu’ils croient, tous ? Que rien n’est balisé ? Que la filiale (labellisée développement durable) n’est pas prévue ? Si ! On fera confectionner par les porteuses des doudous tissés main pendant la grossesse et des lits de bébé en osier en attendant le retour de couches. On va quand même pas les nourrir à rien glander !
Pour économiser en labo pour l’insémination artificielle, on proposera une formule « à la papa ». Le future père se chargera, contre un règlement à l’acte ou au forfait, de l’insémination lui même. Ça rapporte plus, ça fait plaisir au père, et c’est naturel, donc tendance.
Des idées, y’en a plein mon business plan, mais si je vous dit tout, je vais finir par me faire doubler.
Vous croyez pas, vous ?
* « Vertige de l’amour » Alain Bashung
08 novembre 2007
Le blé a les dents acérées*
Ca y est, enfin, je vais monter ma boite. Pff, l’était temps ! Ceci dit, ça valait le coup d’attendre. Bon, ce n’est pas encore rose (je suis trop drôle), mais on se dirige vers la fortune.
Sachant que vous êtes peu nombreux à me lire, je peux bien vous le dévoiler à vous, je vais élever des poules pondeuses mères porteuses!
Il m’est apparu, ces derniers jours que ce marché en passe (décidément) de légalisation était des plus prometteur. Oh, je vous vois venir, vous allez m’objecter qu’il y a déjà, de par le monde, des agences spécialisées dans la mise en relation entre mamans ventres consentants et parents en mal d’enfants. Ok, mais entre nous, ce sont des petits joueurs, sans stratégie, ni vision d’avenir. Car l’avenir est à construire. *L’avenir, c’est l’industrie… et donc la délocalisation. Les (récents) parents de Léa et Isa auraient indemnisé Mary la Californienne à hauteur de 250 €/ semaine. On doit pouvoir faire payer plus, mais c’est un bon début. Ce qui cloche, c’est que les pays ou il est autorisé de louer son ventre sont des pays riches (Belgique, Grande-Bretagne, Canada, USA…) or, pour faire du blé, il faut aller là où il n’y en a pas : le tiers monde.
C’est quand même bien le diable si contre un bol de riz quotidien on peut pas demander à une ado de porter un môme. Pour un peu, on pourrait même demander un peu d’argent à la famille de la nana pour les débarrasser. Ben quoi, on leur rend service, non ?
Ensuite, les produits de complément. Moyennant, bien sûr, une substantielle surprime on pourra demander expressément que le bébé soit issu d’une mère blanche, l’Europe regorge de pauvres dont elle serait heureuse de se débarrasser. Il y a aussi l’assurance. On peut imaginer que les clients veuillent s’assurer, contre une prime calculée au plus juste, pour être certains d’avoir un bébé en bon état à la livraison. Mince, c’est quand même eux qui paient, c’est normal. Donc ok, une garantie « satisfait ou on r’met ça » est envisageable. Alors, me direz-vous, que fait-on des enfants non conformes. 1, on les refourgue à ceux qui sont trop radins pour payer l’assurance. 2/ deux fois par an on organise des soldes pour vider les stocks. 3/ et c’est sûrement là le mieux, comme pour toute industrie on revend en pièces détachées pour booster la marge et comme ça coûte pas cher à nourrir, on peut même les laisser grandir jusqu'à maturité, dans quelques années les rombières européennes et américaines seront trop heureuses de se tourner vers nous pour avoir leurs greffes de peau…
Quelle belle époque nous allons vivre !
*« Argent trop cher » Téléphone
07 novembre 2007
Viens faire un tour dans la ruelle/J'te montrerai mon Opinel…*
Hier, le boss des députés UMP, P. Devedjian a invité les ministres à «se couler dans le style Sarkozy» en se déplaçant d'avantage sur le terrain et en allant à la rencontre des (vrais ?) «gens».
Aujourd’hui, et malgré des propos pour le moins mal perçus des bretons pendant la campagne, l’Idole daigne s’abaisser à revenir en Bretagne.
Officiellement il doit annoncer des mesures fortes en faveur des patrons pêcheurs qui prennent en otage les automobilistes parce que le pétrole devient trop cher pour leur barlu (et pour leur caisse allemande qui consomme presque autant). En fait de mesures fortes, il est surtout venu donner un bel exemple : comment se défaire de ses nerfs : en cherchant la baston !
Rien de tel pour se soulager d’une séparation, de l’appréhension de rencontrer le maître du monde, voire des règles douloureuses : une bonne bagarre, avec insultes, postillons… et bégaiements approximatifs. Ça me rappelle les fins de bals de « dans l’temps » quand les puceaux « bièrizés-jusqu’à-pu-soif », ne sachant comment canaliser leur trop plein d’hormones se la donnaient derrière l’église. Il faut dire que, eux, n’avaient pas plusieurs dizaines de gardes du corps pour leur expliquer que la violence est le dernier refuge de l’incompétence…
‘l’a raison Patrick, un bien bel exemple…
*« Laisse béton » Renaud